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27 janvier 2022

La meilleure façon d’entamer la RSE

Par quoi démarrer un programme ou un projet RSE dans une PME ?

La RSE se réalise par un progrès continu dans les domaines de l’environnement, de l’économie et du social, exigeant de reconsidérer le positionnement stratégique de l’entreprise, de vérifier l’innocuité et la performance de la gouvernance, de renforcer la qualité la sécurité. Il faudrait après cela se définir une éthique puis prouver qu’elle est agissante et durable dans la pratique opérationnelle. N’oublions pas la nécessité, de communiquer de façon ad hoc, sans double langage ni « green washing » superficiel… ! 

La tâche à accomplir paraît donc si multiple et complexe, qu’il faut avoir une foi solide dans le développement durable, pour que tout cela ne se transforme pas dans la tête en chimère décourageante.

Alors apparaît une première question : Pour ne pas se décourager justement, par quel domaine de la RSE devrait-on commencer ?

Une seconde question vient dès que l’on cherche à être sûr que cela ne contrarie pas le business.

Le fameux gain par la vertu (« doing well by doing good ») est d’une telle exigence et va si incroyablement à l’encontre de l’avidité naturelle des hommes et de la compétition culturelle des hommes… d’affaires, qu’on se demande si ne vaudrait pas mieux le principe à court terme : « l’argent d’abord et la morale seulement si ça rapporte », connu depuis bien plus longtemps. La bienfaisance (surtout accompagnée d’obligations légales) semble coûter inutilement.

Quel domaine RSE pourrait nous convaincre immédiatement de son R.O.I. ?

Une troisième question apparaît par la RESPONSABILITÉ justement. Elle est tellement partagée qu’on ne sait plus s’il faut vraiment l’endosser à son niveau, sans risquer de passer pour le dindon de la farce », c’est-à-dire s’engager seul pour des résultats dérisoires et coûteux. Certes, « il n’y a pas de petits gestes, il faut bien commencer un jour », mais cette attitude pionnière se heurte à l’image de tout ce que les autres ne font pas, rendant dérisoires les efforts auxquels on a l’impression de consentir. Dans quel domaine de la RSE pourrait-on bien mettre en place des actions qui nous permettent de bénéficier directement des actions mises en place en « local », sans gâcher la vision globale ?

Ces trois questions n’en font en réalité qu’une seule : en RSE, par quel domaine doit-on commencer pour que ce soit profitable à tous, global, durable, non vécu comme injuste, non suspecté de faux semblant de type « green washing », ?

À cette question, la réponse est pour moi très claire.

EN RSE il faut commencer par l’actif premier : l’humain au travail et l’ambiance de sécurité psychologique qui lui est nécessaire.

Il est simple, essentiel, valable, toujours durable et profitable de commencer systématiquement par la question du lien entre « l’homme et le travail » selon le principe qui veut que le vrai actif dont il faut prendre soin d’abord dans l’entreprise, c’est l’homme. La relation positive qu’il entretient avec son travail, son métier, son poste, sa fonction, sa tâche, est centrale, primordiale, préalable et essentielle. Ne pas commencer par là obérerait toutes les actions RSE à venir.

Cette priorité peut paraître étonnante à deux titres :

D’abord parce que l’environnemental ou l’économique paraissent autrement plus urgents. C’est faux, même si les obligations légales, l’envie d’obtenir rapidement une image visible de vertu responsable et sociétale poussent à transformer l’engagement RSE en avantage marketing ou commercial immédiat. : « Je planterai un arbre si vous achetez ce produit que je rémunère correctement aux fournisseurs »

Ensuite parce que l’aspect « lien positif au travail, ambiance de travail » semblent n’être (à tort) qu’un petit sous chapitre austère de la RSE sociale qu’on a l’impression fastidieuse de traiter déjà tous les jours. 

Pourtant, je maintiens fermement que le soin apporté à l’ambiance est le premier pas essentiel en RSE. Il est fondamental, facile à mettre en œuvre, parle à chacun, n’oublie personne, aboutit à des résultats visibles, concrets et vérifiables, et permet de préparer le chemin à tous les autres domaines RSE. C’est ce que j’appelle la RSE interne « en bas de chez nous ».

La RSE « en bas de chez nous »

  • La RSE « en bas de chez nous » consiste à s’occuper d’abord de ce qu’on a sous les yeux comme énergie humaine à l’œuvre et de vérifier qu’elle n’est pas victime de gaspillage, souffrance anormale, paradoxes.  
  • La RSE « en bas de chez nous » c’est s’astreindre à commencer à balayer juste devant sa porte, ce que l’on peut faire localement facilement pour qu’adviennent des dimensions plus externes, plus globales.
  • La RSE « en bas de chez nous » c’est découvrir que la brique numéro un de l’économie, c’est l’entretien soigneux et constant de « l’envie de travailler » qui se traduit par la capacité à susciter un effort raisonné continu.
  • La RSE « en bas de chez nous » c’est une façon de promouvoir l’utilité d’une attitude éthique et altruiste auprès de ceux qui sauront que c’est vraiment utile, parce qu’ils en auront eux-mêmes déjà bénéficié.
  • La RSE « en bas de chez nous » c’est s’intéresser au management au quotidien /au respect du lien au travail / à la préservation de l’identité professionnelle / au maintien de l’ambiance positive de travail en mesurant en permanence les critères qui la composent. Il y en a 21, tous à « impact psychologique fort ».

Comment, sans cela, intéresser des salariés, des cadres, à la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis du monde, si eux-mêmes, en interne, se sentent négligés ?

L’exemple des RPS

Le RPS est toujours une atteinte de l’identité professionnelle, créée par un excès d’anxiété ambiante, créant le désengagement puis le trouble psychologique, dit « psychosocial » sous forme de peur ou de tristesse.

On sait que trois sources créent, initient et potentialisent cette anxiété excessive 1) l’individu, 2) ses relations collégiales ou hiérarchiques, 3) les principes et valeurs de gouvernance de l’organisation.

Pour un individu, un groupe ou une entité, si plus d’une de ces trois sources est mobilisée, la probabilité du risque psychosocial est augmentée avec tout son cortège : insatisfaction, désengagement, non-performance, non-qualité, conflit, judiciarisation, perte des valeurs, difficultés, mouvements sociaux, coulage, ruptures individuelles, dépression, burn out…

C’est pourquoi le soin apporté au lien équilibré au travail pour chaque « partie prenante » (interne ou de proximité) est la pierre fondatrice de toute possibilité de démarrer un programme RSE quel qu’il soit.

Comment faire ?

Préparer la RSE dans son entreprise commencera donc par vérifier l’existence d’une sécurité psychologique minimale par la mesure de l’ambiance de travail. Il ne s’agit pas de l’ambiance au sens festif, mais bien au sens technique du DUERP qui parle d’ambiance chimique, électrique, thermique…

La loi exige d’évaluer l’innocuité de cette ambiance tous les ans. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette mesure d’ambiance est simple, met en lumière les multiples petits plans d’action nécessaires. On trouvera une illustration et un exemple d’un tel outil pré RSE » d’analyse de l’ambiance sur le site :

« workcare.fr ».

Groupe Sgp Actualites 2 42

Roland Guinchard

Psychanalyste spécialisé dans les relations de travail

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