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25 janvier 2024

La gamification : un voyage au cœur de l’apprentissage moderne

Dans un monde où l’innovation et le développement des compétences sont essentiels, la gamification émerge comme une stratégie d’apprentissage novatrice. Cette approche, popularisée par des pionniers tels que Jesse Schell, a transformé la façon dont sont abordées les techniques d’enseignement et de transmission au sein d’un milieu professionnel.

Plongeons au cœur de ce concept en explorant ses multiples facettes et les liens profonds unissant ludisme et formation.

Le terme « gamification » est apparu à la fin des années 2000, principalement dans le domaine des « games studies[1] ». Jesse Schell, directeur de Schell Games et auteur du livre « The Art of Game Design », a abordé le sujet lors d’une conférence intitulée « When Games Invade Real Life » en 2010. Durant cette conférence, il a évoqué la manière dont les éléments de jeu peuvent être appliqués à des domaines non ludiques. Il a souligné que les mécanismes de jeu peuvent être utilisés pour motiver les individus, les engager dans des activités et les encourager à atteindre leurs objectifs. Depuis lors, la notion de gamification a gagné en popularité et est devenue un domaine d’étude à part entière, exploré entre autres par des chercheurs, des designers ou des spécialistes du marketing.

On retrouve ces éléments dans les secteurs de la santé avec de nombreuses applications destinées à l’entretien ou à l’amélioration de la santé physique et mentale. Le système éducatif a également suivi cette voie, développant des techniques d’enseignement fondées sur le jeu[2]. La formation, évidemment, suit également ce vaste mouvement de fond.

L’évolution du milieu du gaming, la montée en puissance des outils technologiques et l’essor du digital ont permis aux jeux de s’immiscer dans notre quotidien, jusqu’à devenir omniprésents. Par conséquent, des éléments tels que les systèmes de points (scoring), les classements, les défis, la création d’avatars, les niveaux de progression sont devenus des standards qui s’adressent à tous.

L’idée pourtant n’est pas complètement nouvelle. Les programmes de fidélité, les récompenses à gagner à échéance régulière, les points à accumuler sont utilisés depuis longtemps dans la grande distribution. Ce sont des exemples de gamification de l’expérience consommateur qui existaient bien avant que le terme ne soit popularisé. C’est bien la massification de tels procédés dans tous les compartiments de nos existences, leur banalisation, leur normalité en définitive, qui apparaît de façon nouvelle et symptomatique au XXIe siècle.

Le concept de gamification a véritablement permis de systématiser et de formaliser des pratiques dans l’espace professionnel. Il permet d’explorer de nouvelles possibilités d’application des principes de jeu, y compris dans des espaces jugés encore récemment peu propices à son apparition. La sécurité, thématique, ô combien centrale pour tout un chacun, en faisait partie.

Appliquée au contexte professionnel et au monde de la formation en particulier, la gamification permet de devenir un facteur de différenciation, car elle crée une expérience de travail et d’apprentissage unique. Grâce à elle, une entreprise est perçue comme innovante, axée sur le bien-être de ses collaborateurs et stagiaires, attirant ainsi des talents qui amplifient et valorisent ces environnements de travail.

Mêler travail et éléments ludiques contribue également à renforcer la culture d’une entreprise, la rendant plus forte et plus collaborative.

Pour que cela fonctionne, il est important de veiller à ce que les activités soient alignées sur les objectifs et les valeurs de l’entreprise et qu’elles soient fédératrices, inclusives et accessibles à toutes et tous.

Les collaborateurs doivent se sentir valorisés et reconnus pour leurs contributions au jeu et à l’ambiance ainsi créée. De même, il faut veiller à maintenir un sentiment de justice et de transparence dans la façon dont les « récompenses » éventuelles peuvent être attribuées.

L’aspect social de la gamification favorise la collaboration et l’imagination, en créant des environnements d’apprentissage interactifs et dynamiques.

L’aspect compétitif du jeu favorise l’amélioration continue, le dépassement de soi et la valorisation personnelle, créant une saine émulation qui permet de relever les défis posés à l’organisation de travail. Atteindre des objectifs spécifiques, les matérialiser par le jeu et la récompense associée, encourage les individus à persévérer et à poursuivre leurs efforts.

En s’entraidant dans le jeu, les stagiaires de la formation acquièrent des affinités qui rendront leurs apprentissages pratiques plus fluides. De même, en se challengeant à travers le jeu, ils favorisent l’émulation de tout le groupe afin de répondre aux attendus théoriques du métier.

Parallèlement, la gamification permet de rendre certaines tâches et apprentissages plus gratifiants et suscite un sentiment de compétence, d’autonomie et de maîtrise. Ces facteurs sont des moteurs puissants de la motivation intrinsèque amenant les individus à s’engager pleinement dans leur formation.

Maintenir une capacité d’attention durable au sein d’un groupe d’apprenants est une des missions les plus difficiles pour un formateur, qui doit faire face à de nombreux obstacles tant biologiques que technologiques. L’approche ludique est à ce titre un élément permettant de varier les méthodes pédagogiques.

Les moyens, nous l’avons vu, ne manquent pas. Les systèmes de classements internes ou de score à battre fonctionnent très bien lorsqu’on les applique aux examens professionnels « blancs » ou lorsqu’on les intègre dans le cadre d’une politique de respect du lieu de formation et de son personnel. On peut en effet récompenser ceux qui, par leur comportement, respectent le matériel, les locaux, le formateur et le personnel administratif. Ce sujet, s’il semble de prime abord accessoire en comparaison au cœur des apprentissages professionnels, s’avère en réalité essentiel à la réussite d’une session de formation de moyenne voire longue durée telle que le TFP APS[3] ou dans le cadre d’un apprentissage.

En sécurité privée peut-être plus qu’ailleurs, de par la variété des candidats et des points de vue, introduire des mécanismes de récompenses ludiques crée une émulation qui permet l’homogénéisation douce des comportements.

L’approche pédagogique incluant le jeu vise à transcender la simple acquisition de connaissances en transformant l’expérience d’apprentissage en une aventure immersive et stimulante.

À ce titre, les apprentissages pratiques occupent une part importante des parcours pédagogiques en sécurité privée. Ils sont généralement appréciés pour leur rupture avec une approche parfois fortement théorique et s’avèrent une évasion souvent bienvenue pour les stagiaires. Il n’en demeure pas moins qu’ils répondent également à une gestuelle précise, comme peut l’être la palpation de sécurité, ou à des règles de sécurité strictes, comme la distance d’attaque d’un feu avec un extincteur par exemple.

Là encore, l’apprentissage de ce qui deviendra un réflexe professionnel peut passer par le jeu. Un excellent moyen d’y parvenir consiste notamment en la réalisation d’escape games, dont l’immersion favorisera l’acquisition de gestes, postures et attitudes dans un contexte complexe et proche du réel. Les inclure dès le début du parcours formatif s’avère ainsi particulièrement efficace.

En effet, ce type d’exercice axé sur le travail d’équipe et le partage d’informations favorise le renforcement des liens et la création d’un esprit d’équipe solide. Placés dans un environnement peu familier pour eux, comme un PC sécurité, les stagiaires devront lire et comprendre des consignes pour y trouver des codes, utiliser des talkies-walkies pour communiquer avec l’extérieur, voire manipuler un joystick pour déplacer une caméra afin de repérer un indice par exemple. Avec la pression temporelle et l’attrait du jeu, ils parviendront dès leur premier jour à intégrer certains attendus du métier et à manipuler des objets qui deviendront à l’issue du cycle formatif des indispensables de leur métier.

Les « serious games » ou encore la réalité virtuelle sont un autre aspect de la gamification puisqu’ils proposent des contenus interactifs qui, sous la couche ludique, délivrent les informations voulues par l’équipe pédagogique. On peut citer les vidéos interactives « Sauve une vie[4] », qui décrivent des cas d’accidents domestiques et proposent au cours du visionnage un questionnaire à choix unique apparaissant ponctuellement à l’écran et de manière chronométrée. Les stagiaires doivent réagir vite et faire le bon choix, comme le ferait un sauveteur secouriste confronté à pareille situation. La réalité virtuelle pousse encore plus loin l’approche immersive en faisant vivre la situation professionnelle à travers la reproduction en 3D d’un environnement de travail.

Enfin, un autre pan méconnu de la gamification se trouve dans l’attention portée à l’environnement de travail. Soigner la décoration et le style d’un centre de formation possède une double vocation. Cela stimule le stagiaire qui prend conscience d’être dans un environnement à part et l’immerge dans un cocon propre à l’apprentissage. Cela permet également d’offrir une respiration salutaire lors des moments de pause. On pense tout particulièrement aux séquences pédagogiques intenses, comme peuvent l’être, en matière de sécurité, les modules liés au terrorisme ou à la gestion de conflits dégradés, mais aussi aux séquences potentiellement rébarbatives comme les modules juridiques.

Proposer de la lecture ou des jeux de cartes permet également d’aérer l’esprit lors de la pause méridienne et offrent un moment de détente, un temps suspendu, pour permettre à nouveau l’acquisition de connaissances et compétences. Attractivité et interactivité se mettent au service d’un objectif unique : la réussite des stagiaires dans leur parcours d’apprentissage.

Les mentalités changent et les capacités adaptatives des individus sont de plus en plus sollicitées. Les opinions considérant le jeu comme une activité réservée à l’enfance ou indigne de l’entreprise se raréfient. Les dernières barrières tombent rapidement lorsqu’un projet ludique innovant est mené avec rigueur et sérieux ; étrange paradoxe.

La gamification se positionne désormais comme un puissant vecteur d’épanouissement, d’acquisition et de consolidation des compétences. Dans un espace concurrentiel dense, ce concept captive et fidélise les apprenants. C’est la voie que suit SGP Formation depuis maintenant plusieurs années. Il s’agit d’un véritable outil d’accompagnement mis au service de la réussite individuelle et collective. Car l’objectif, quant à lui, demeure immuable : former des professionnels compétents, motivés et prêts à affronter les défis d’un monde professionnel en constante évolution.

Emma Bucek – Chargée de projet en communication et marketing au sein du groupe SGP


[1] Games studies : sciences du jeu

[2] Eduscol (site du Ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse), « Jouer et apprendre au cycle 1 »,, https://eduscol.education.fr/120/jouer-et-apprendre-cycle-1

[3] TFP APS : titre à finalité professionnelle d’agent de prévention et de sécurité

[4] CHU de Liège, « Sauve une vie », https://sauveunevie.be/

Pré-inscription à la formation

Formation non définie