La réforme de la vacation minimale en sécurité privée est entrée dans sa dernière phase avant validation. Après plusieurs mois d’attente, le passage de 4 à 6 heures par vacation pour un agent de sécurité est désormais (presque) acté : seule la signature finale du ministre reste attendue pour une application généralisée à l’ensemble de la branche.
La réforme
Sur le versant strictement juridique, un avis d’extension a été publié au Journal Officiel le 3 janvier 2026 (NOR : TRST2536677V – Texte n°105[1]).
Il s’agit ici pour le ministre du travail et des solidarités d’étendre les dispositions de l’avenant n°2 du 3 septembre 2025, qui modifie lui-même l’accord du 1er avril 2021 relatif à la durée minimale d’une période de travail. Aujourd’hui la vacation minimale est encore de 4 heures de travail consécutif.
Demain, elle sera de 6 heures pour les agents d’exploitation et les agents de maîtrise relevant de la Convention Collective Nationale des entreprises de prévention et de sécurité[2].
Les changements sur le terrain
Le principe est simple tant pour les agents, que les entreprises de sécurité privée : toute mission commencée sera payée sur une base minimale de 6 heures, même si la durée réelle du poste effectué par l’agent est plus courte. La facturation client devra s’adapter à cette même logique. Résultats : les vacations courtes vont peu à peu disparaitre ou être regroupées, les plannings devront être repensés et les prestations de courte durée coûteront plus cher.
Autre conséquence notable, toute vacation génèrera nécessairement le versement d’une prime panier, le seuil d’éligibilité de cette prime étant justement de 6 heures. Si la mesure est globalement positive, il n’empêche qu’elle risque d’impacter plus fortement certains secteurs de notre activité, l’évènementiel en premier chef.
En effet les prestations de contrôle d’accès, de palpations ou de sécurité incendie effectués lors de spectacles, matchs sportifs et autres concerts sont généralement inférieurs à 6 heures, l’évènement en lui-même étant par nature de courte durée.
Une période de transition
En attendant la publication officielle de l’arrêté d’extension, une phase intermédiaire subsiste. Certains clients choisissent d’appliquer dès maintenant les vacations de 6 heures pour anticiper la réforme et sécuriser la continuité du service lors de l’entrée en vigueur réglementaire. D’autres, préfèrent rester temporairement sur des vacations de 4 heures, tant que la réglementation le permet encore.
La vacation minimale de 6 heures marque un vrai tournant pour la sécurité privée. Elle va modifier les habitudes, les organisations et les budgets, mais elle apporte aussi plus de lisibilité et de stabilité au secteur.
Anticiper dès aujourd’hui, c’est s’assurer une transition plus fluide demain et éviter les ajustements dans l’urgence lorsque la réforme deviendra pleinement applicable.
[1] https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053287291
[2] https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/id/KALICONT000005635405