Qualiopi, la certification spéciale Formation qui a tout changé

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Si vous travaillez dans le milieu de la formation, il y a désormais un nom que vous ne pouvez plus ignorer, celui de Qualiopi.

Cette marque concerne l’ensemble des prestataires de formation et s’applique aussi bien à la formation continue qu’à l’apprentissage. Elle fournit un cadre et invite chaque formateur, chaque organisme de formation à vivre au rythme de Qualiopi. Petit tour d’horizon de cette révolution du monde de la formation.

Légitimation des processus, vision à 360°

La certification Qualiopi est issue de la loi no 2018-771 du 5 septembre 2018, dite loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, mais elle ne s’est véritablement imposée qu’au 1er janvier 2022[1].

Elle est alors devenue obligatoire pour les formateurs et les organismes de formation qui souhaitent bénéficier de fonds publics.Car tel était le vœu du législateur : unifier les pratiques pour aboutir à un standard qualitatif basé sur des critères et des indicateurs précis, et conditionner l’octroi de l’argent public au respect de ces règles.

L’idée s’est avérée payante puisqu’elle a valorisé les organismes de formation déjà impliqués dans une démarche normative et a fortement encouragé les autres à s’y mettre. Un cercle vertueux indéniable s’est ainsi dessiné.

Pour les formateurs, respecter la marque Qualiopi signifie notamment qu’ils doivent être capables d’accueillir les personnes en situation de handicap, d’adapter leurs scénarios et cas pratiques à tout type de public, suivre leurs stagiaires tout au long de la formation et individualiser leurs approches pédagogiques au besoin.

Ils doivent également être à même de communiquer des informations claires et précises sur les formations dispensées dans le centre où ils interviennent, ou la localisation des documents idoines (y compris s’ils sont formateurs externes). Chaque formateur doit ainsi s’engager en ce sens et signer annuellement la charte Qualiopi.

Là où Qualiopi se distingue particulièrement en tant que certification, c’est dans la manière dont elle implique les partenaires extérieurs. Les organismes de formation doivent en effet les évaluer, les faire monter en compétence, bref les faire évoluer en même temps que lui-même.

Cette dynamique concerne aussi bien les autres centres de formation avec lesquels ils travaillent que les formateurs externes. Cela s’étend aussi aux parties prenantes que sont les clients et les prescripteurs tels que France Travail ou le réseau des missions locales.

La démarche Qualiopi se traduit ici par la rédaction de conventions de fonctionnement dans lesquelles est précisé ce que l’organisme de formation fait et comment il le fait.

Des points de suivi régulier tels que des conseils de perfectionnement sont réalisés tout au long de l’année pour s’assurer du respect des critères et des indicateurs Qualiopi.

L’audit, un temps fort d’amélioration et de réflexion sur sa pratique

La marque Qualiopi est organisée autour d’un référentiel qualité comprenant sept critères :

  • conditions d’informations du public ;
  • identification précise des objectifs de formation ;
  • adaptation aux publics ;
  • adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement aux prestations mises en œuvre ;
  • développement des connaissances et des compétences des personnels de la formation ;
  • maitrise de son environnement professionnel ;
  • prise en compte des appréciations et réclamations des parties prenantes.

Ces sept critères, au spectre déjà large, sont eux-mêmes reliés à vingt-deux indicateurs auxquels s’ajoutent encore dix critères spécifiques à l’apprentissage.

La pratique démontre que ces critères laissent encore parfois la part belle aux interprétations et varient selon le domaine d’activité. Prenons l’exemple d’un centre de formation en sécurité. On y accueille, somme toute, peu de personnes en situation de handicap, notamment moteur, car le métier lui-même nécessite certaines aptitudes physiques.

Par conséquent, tous les indicateurs liés à ce critère sont difficiles à évaluer et les centres de formation devront s’appuyer sur leur réseau de structures spécialisées autour du handicap pour réfléchir avec le stagiaire à son projet professionnel.

A contrario, le public en situation de précarité ou de difficulté sociale est un public auquel un centre de formation en sécurité est habitué et il a déjà construit des réseaux pour lever les freins d’accès à la formation et permettre la réussite des apprenants.

La grande force de Qualiopi est donc justement d’encourager les OF à sortir de leur zone de confort pour accroitre leur polyvalence et leur capacité à accueillir des publics auxquels ils ne sont pas habitués. Les centres gagnent donc à faire coïncider leurs avantages de formation, leurs spécificités d’activité avec les indicateurs Qualiopi.

Le temps fort du droit d’usage de Qualiopi est le moment de l’audit. Il a lieu tous les trois ans avec un audit de renouvellement à mi-parcours. L’auditeur Qualiopi se déplace au centre de formation et y reste un nombre de jours qui dépend du chiffre d’affaires et du nombre de sites de formation.

L’auditeur procède alors à un échantillonnage des formations qui sont à vérifier tant sur la formation continue que sur l’apprentissage. Il demandera alors tous les éléments de preuve de la mise en œuvre de formations avec, là encore, une vision panoptique couvrant aussi bien la démarche commerciale que la remise du diplôme ou de l’attestation de réussite et ce, avec un suivi à N + 2 à la fin de la formation.

Chaque élément composant le parcours de formation (et même au-delà) est placé sous la loupe des indicateurs Qualiopi. Les objectifs pédagogiques sont-ils bien définis ? les modalités d’accueil et d’accompagnement sont-elles au diapason ? le site internet est-il conforme et comprend-il les mêmes éléments et les mêmes mentions que les documents remis sur place ?

La composante rédactionnelle est donc importante et tous ces éléments doivent être concrets et vérifiables à tout moment. La réalité doit correspondre aux promesses et aux écrits.

Il ne faut pourtant pas voir en l’auditeur un gendarme de la certification. Il est au contraire un professionnel de la formation, source de conseils avisés. Sa venue est l’occasion d’une explicitation en profondeur des processus et de l’intention de leur mise en œuvre afin qu’ils soient en cohérence avec Qualiopi.

L’auditeur évalue certes la pertinence des éléments de preuve, mais il le fait pour aiguiller le centre de formation sur une piste d’amélioration continue.

L’auditeur rédige un rapport le jour même de sa visite, en dialogue avec les responsables de l’organisme de formation. Ce compte rendu va porter sur les éléments améliorables, ceux que le centre n’a pas pu fournir, et mentionner le délai exigé pour effectuer les corrections et tenter de lever les non-conformités, qu’elles soient mineures ou majeures.

Ce n’est que lorsque celles-ci sont levées que l’organisme de formation obtient ou maintient la certification Qualiopi.

L’apprentissage, un cas particulier

L’apprentissage implique un audit spécifique. Un OF qui serait également un centre de formation et d’apprentissage doit donc cumuler deux audits.

En effet les centres de formation des apprentis (CFA) doivent respecter quatorze missions[2] définies également dans la loi pour l’avenir professionnel de 2018.

Si certaines de ces missions recoupent celles évaluées par Qualiopi pour la formation continue, d’autres marquent une véritable spécificité, à l’instar de la thématique de l’égalité des sexes ou du harcèlement sur le lieu de travail, l’accompagnement des apprentis dans la recherche des aides auxquelles ils peuvent prétendre ou encore l’encouragement à la mobilité nationale et internationale. Là encore, le programme est vaste, les attendus élevés.

L’occasion nous est ici donnée de citer l’exemple de SGP Formation, qui a été audité récemment. L’échange avec l’auditeur s’est avéré particulièrement intéressant du fait du positionnement original du centre de formation sur l’apprentissage.

En effet, la structure de SGP a opté pour un modèle entièrement dématérialisé, l’apprenant acquérant ses compétences théoriques par un enseignement effectué entièrement en distanciel.

Il a donc fallu aux formateurs créer l’ensemble des modules liés à l’éducation citoyenne, à l’accompagnement dans la recherche d’emploi et, plus largement même, proposer un contenu pédagogique approprié sur la santé, le bien-être ou l’addiction numérique.

En complément, bien entendu, il leur a fallu former les personnels internes à ces questions pour qu’ils puissent aiguiller les apprenants.

Le référentiel Qualiopi concernant l’apprentissage était quant à lui encore fortement orienté sur le présentiel. L’échange avec l’auditeur et la réalité concrète de la pratique du CFA SGP Formation a permis de le faire évoluer, et il en est actuellement à sa neuvième version.

Une dixième est d’ores et déjà à l’étude, afin de s’adapter toujours plus aux réalités concrètes du terrain.

Qualiopi a changé le paradigme de l’apprentissage. Avant, un apprenti devait obligatoirement se rendre à l’école et apprenait les gestes du métier en entreprise. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

C’est parce que l’on a harmonisé les pratiques et mis en place la certification Qualiopi que l’on a pu développer les CFA en dehors du modèle des écoles et ainsi exploser les objectifs liés à l’apprentissage en augmentant l’employabilité des jeunes, ce qui est, rappelons-le, l’objectif central et légitime poursuivi par ce dispositif.

C’est ainsi que l’on est passé en France de 295 000 contrats d’apprentissage en 2017 à près de 880 000 en 2024[3]. C’est aussi de cette manière que le nombre de CFA a atteint le chiffre impressionnant de 3 688 à la fin de l’année 2024[4].

Si cet essor est indéniable, il n’en demeure pas moins fragile car soumis aux aléas politiques et aux problèmes liés au budget de l’État, comme le rappelle un article récent du Monde[5].

Qualiopi, une barrière infranchissable ?

Le référentiel Qualiopi s’est imposé, en peu de temps finalement, comme un impératif pour les centres de formation ainsi que pour les formateurs.

Car la réalité est intraitable : il est pour ainsi dire impossible de vivre correctement et de se développer comme OF sans bénéficier à un moment de certains fonds publics, lesquels sont, comme nous l’avons vu, subordonnés à l’obtention de ce certificat.

Pour un formateur, le principe est identique, c’est un sésame qui rassure les centres de formation sur la qualité de la formation, tant chacun a conscience des exigences que la certification implique.

Ce niveau de qualité impose en réalité un travail quotidien et l’audit se prépare toute l’année et suppose la mise en place d’un véritable référent Qualiopi dans ses rangs.

SGP Formation s’est vu décerner fin 2025 la certification Qualiopi pour l’ensemble de ses quatre centres de Metz, Duttlenheim, Albi et Villeneuve-d’Ascq.

Un résultat tout à fait notable qui traduit une politique volontariste et adaptée aux métiers de la sécurité. On citera en exemple de ces pratiques innovantes la mise en place des commissions de suivi du titre à finalité professionnelle (TFP). Il s’agit d’un nouveau rituel où l’équipe pédagogique et administrative se réunit régulièrement au cours de la formation pour évaluer la progression d’un groupe passant le TFP APS[6].

Il y a quelques années, une simple réunion était organisée. Désormais, le suivi est bien plus structuré et intense. Si l’équipe estime que le candidat n’est pas prêt ou présente des difficultés d’apprentissage importantes, on s’interroge sur la pertinence des méthodes pédagogiques utilisées, voire on le réoriente vers un partenaire spécialisé.

L’équipe se positionne également sur la présentation d’un candidat à l’examen, se laissant la possibilité de ne pas le présenter s’il n’a pas fourni le travail nécessaire au cours de sa formation. Enfin, un débriefing a lieu après la formation afin de savoir ce que sont devenus les stagiaires, s’ils ont décroché un emploi mais aussi pour connaitre avec le recul leur  point de vue sur la formation.

Si cette réflexion globale et l’ensemble des actions, comme celle mentionnée ci-dessus, ont pu être menées au sein de SGP Formation, c’est parce que la formation revêt pour le groupe SGP une importance capitale dans son développement, celui de ses agents et celui de son écosystème.

Mais, pour de petits organismes de formation, la barrière Qualiopi est effectivement rude : entre le cout de la certification, le temps à y consacrer, les éléments de preuve à matérialiser, la charge de travail peut s’avérer énorme.

Quant aux formateurs indépendants qui se retrouveraient non certifiés, il est à craindre que leur champ d’intervention se réduise à peau de chagrin.

La certification Qualiopi est bel et bien parvenue à redéfinir de façon fondamentale la manière de mener une action de formation.

Elle constitue un passage indispensable pour des formations toujours plus qualitatives, dispensées par des organismes de formation toujours plus conscients des exigences de leur si belle mission au service de la compétence et de l’emploi qualifié.

Qualiopi dessine un cercle décidément vertueux.


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