Avec le développement des technologies de vidéoprotection, de nombreuses organisations qui font appel à des sociétés de sécurité mobile s’interrogent sur la place de l’humain dans les dispositifs de sécurité.
Caméras dopées à l’IA, automatisation des détections d’intrusion, résolution en full HD voire en 4K, les systèmes vidéo profitent des dernières avancées techniques et promettent une surveillance continue et performante. D’aucuns prophétisent déjà la disparition des entreprises et leurs employés qui ne prendraient pas le train du « tout technologie » en marche.
L’œil humain est-il donc devenu obsolète ? Sa place dans l’écosystème sécuritaire va-t-il se réduire à peau de chagrin ?
Nous vous proposons ici un petit essai de confrontation entre l’analyse et l’action humaine et la capacité des outils de vidéosurveillance.
Nous aborderons ce sujet sous l’angle de la sécurité mobile puisque ce domaine d’activité est véritablement à la croisée des chemins, entre intervention humaine et détection par la machine.
La vidéosurveillance : un outil puissant mais toujours limité
Les dispositifs de vidéosurveillance permettent de couvrir tout type de zones, qu’elles soient périphériques, périmétriques ou volumétriques, et cela, avec la promesse d’une analyse en continu. Les caméras, augmentées ou non, offrent un instantané global et précis de la situation, de l’activité et des anomalies d’un site.
Dans ce dernier cas, des caméras algorithmiques peuvent même, si elles ont été programmées de la sorte, déclencher des alertes en cas d’attitude ou de situation jugées suspectes. Cependant, ne nous leurrons pas, ce paradis du technophile reste éminemment dépendant de considérations et aléas propres à toute machine : pannes, bugs, comportements erratiques, erreurs dans l’analyse, multiplication des fausses alertes.
A ce titre, les résultats des expérimentations en vidéosurveillance algorithmique se sont pour le moment avérés peu concluants[2]. Les questions d’angles morts, de qualité d’image, de réseau défaillant ou de sensibilité aux conditions climatiques ne sont également pas à négliger.
En sécurité Mobile, ces limites sont connues depuis longtemps et sont intégrées aux processus de décision. C’est parce qu’il demeure une incertitude, une part d’inconnue que le télésurveilleur confie la levée de doute à une société spécialisée en interventions sur alarmes.
C’est parce que les caméras ne perçoivent pas toute la vérité d’une situation, n’appréhendent qu’un aperçu fragmenté de la réalité qu’il est important de compter sur un humain pour vérifier sur place la nature de ce qu’elle nous signale.

L’œil humain : analyse, adaptation et prise de décision
L’œil humain a ceci de merveilleux qu’il est relié à un cerveau d’une complexité folle, doté de 86 milliards de cellules nerveuses[3]. Au-delà d’un chiffre tellement élevé que l’on peine à se le représenter concrètement, cela signifie surtout que nous percevons et analysons énormément de choses sans même nous en rendre compte.
L’agent de sécurité Mobile est capable d’interpréter un contexte sans le résumer à une appréciation binaire, de détecter des anomalies subtiles et d’adapter sans cesse et de manière imperceptible son comportement. Lors d’une ronde, il peut faire des associations et des liens logiques entre des détails suspects que la caméra ne captera pas : pourquoi la porte est entrouverte, d’où provient le bruit inhabituel, qu’est ce qui fait que l’attitude d’une personne semble suspecte par exemple.
Malgré tout, l’œil humain n’est pas non plus parfait et souffre naturellement d’imperfections. La vision nocturne d’un intervenant sur alarmes est naturellement limitée et même la vision diurne se heurte aux limites physiques inhérentes à notre biologie[4]
Il n’empêche que si une caméra peut signaler une présence nocturne, seul un agent sur place pourra déterminer s’il s’agit d’un employé autorisé qui ne se souvient plus du code de l’alarme ou s’il s’agit réellement d’un intrus. Cette capacité de jugement et d’appréciation propre à l’humain réduit les erreurs et améliore la pertinence des actions.

Une complémentarité au service de la sécurité
Alors, l’œil humain est-il plus efficace que la vidéosurveillance ? Gagne-t-il le « match » par K.O ?
Par préférence, nous serions tentés de répondre oui, car l’œil humain apporte une capacité d’action, de réaction et de compréhension que la machine ne possède pas.
Pourtant les avantages de la technologie ne sont pas à ignorer, à balayer d’un revers de la main dédaigneux, tant les caméras les plus évoluées offrent un niveau de rapidité dans la détection jusqu’ici inégalée.
Opposer l’œil humain à l’œil de la caméra est finalement bien réducteur. En réalité, leur efficacité repose sur leur complémentarité.
La sécurité mobile l’a bien comprise, elle qui vit au quotidien cette synergie entre l’alarme et la levée de doute, entre le signalement d’une caméra et la confirmation par l’humain. Les systèmes combinant technologie et présence humaine permettent une meilleure réactivité, une diminution des fausses alertes et une gestion plus fine des incidents.
L’humain s’est développé en se créant des outils, en les faisant évoluer. Certaines sont restées, d’autres ont fini par disparaitre, d’autres ont immédiatement fait un flop[5] . In fine l’humain choisit sa technologie : c’est lui et uniquement lui qui l’adoptera, lui trouvera un sens et décidera de son utilité.

[1] https://www.lexpress.fr/economie/securite-des-milliers-d-entreprises-et-d-emplois-vont-disparaitre_1854132.html?cmp_redirect=true
[2] https://lcp.fr/actualites/videosurveillance-algorithmique-lors-des-jo-une-experimentation-pas-a-la-hauteur-selon
[3] https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/biologie-votre-cerveau-15-chiffres-cles-51904/
[4] https://www.oph78.fr/ophtalmologie/anatomie-oeil/#definition : pour tout savoir sur la biologie de l’oeil
[5] https://www.arts-et-metiers.net/musee/flops : une surprenante exposition au musée des arts et métiers sur les inventions qui ont fait un flop.