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CNAPS 2025 : le rapport d’activité en condensé

Publié le 22 septembre 2026

CNAPS 2025 : le rapport d’activité en condensé

En tant qu’autorité administrative, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) publie chaque année un rapport d’activités. Centré exclusivement sur notre métier, il est un riche indicateur pour comprendre les grands enjeux qui agitent le secteur et les points d’intérêts de la puissance publique qui nous concernent.

Non seulement le rapport aborde les trois piliers qui constituent sa mission (police administrative, contrôle et action disciplinaire, conseil), mais il présente quelques focus spécifiques, témoignages des situations particulières auxquelles a été confrontée l’institution.

Alors, que s’est-il passé du côté du CNAPS en 2025 ? On vous dit tout.

La nouveauté a un nom : DRACAR ULTIMATE

Malgré un nom qui fait immanquablement penser aux navires vikings, Dracar Ultimate est en réalité la toute nouvelle plateforme de connexion au service du CNAPS. Et c’est la grosse nouveauté de l’institution en 2025. Présentée comme un « système d’information moderne, sécurisé et pérenne, en adéquation avec les besoins actuels et futurs tant des usagers que des services instructeurs », Dracar Ultimate est en réalité l’interface permettant aux agents de sécurité, aux entreprises et aux centres de formation de communiquer avec le CNAPS.

Ce guichet unique pour toutes les demandes de titres nécessite désormais la création d’un espace personnel et individuel vanté comme « sécurisé ».

C’est un véritable changement de cap puisqu’il s’agit d’une dématérialisation complète des services, y compris pour les agréments dirigeant d’entreprise de sécurité privée et les autorisations d’exercice des personnes morales, qui jusqu’ici fonctionnaient encore pour partie avec des envois de pièces physiques. Le CNAPS met en avant plusieurs raisons et avantages à ce nouveau système.

L’objectif est de doter les agents d’un outil fiable, ergonomique, avec une interface utilisateur axée sur la simplicité d’accès. L’ambition est également de leur offrir une plus grande transparence par un suivi en temps réel de leurs demandes.

En effet, un certain flou demeurait sur la bonne réception par les services administratifs des documents qu’ils avaient envoyé, ce qui multipliait leurs appels et leurs courriers concernant le suivi de leurs dossiers.

Désormais ce suivi se fait dans le compte individuel de l’agent sur Dracar Ultimate, et les nouveautés de son dossier lui sont signifiées via des notifications.

Pour les entreprises de sécurité, Dracar Ultimate s’envisage comme un véritable tableau de bord des agents, permettant la vérification en temps réel de la validité de leur carte professionnelle lors d’une embauche ou d’une reprise de personnel. C’est également un moyen d’alerter les membres de son personnel sur l’échéance prochaine de leur carte. Enfin, les entreprises peuvent même agir en qualité de tiers de confiance et déposer des demandes pour le compte des agents.

Du côté des organismes de formation, l’intérêt est très direct également puisque le logiciel comprend un espace pour déclarer les sessions de formation, assurer la gestion des stagiaires, voire échanger avec le CNAPS directement par le biais d’une messagerie.

Le CNAPS espère que cette plateforme permettra de « réduire les erreurs et les échanges itératifs » tout en raccourcissant les délais de traitement : un besoin particulièrement sensible pour les agents de sécurité qui faute de carte professionnelle ne peuvent commencer à exercer le métier.

Un métier toujours attractif ?

En tant qu’organisme tutélaire de la sécurité privée, le CNAPS dispose d’une mission de police administrative : l’accord ou le refus des demandes de cartes professionnelles et les autorisations d’entrer en formation. Le CNAPS a constaté un certain ralentissement du nombre des demandes : un peu plus de 130 000 demandes en 2025 contre près de 160 000 en 2024. Cela s’explique aisément par le fort afflux causé par les besoins de sécurité liés aux jeux Olympiques en 2024.

À ces demandes, il faut aussi ajouter l’intégration d’une nouveauté règlementaire qui est entrée en application l’an dernier. En effet, depuis 2025, chaque formateur en sécurité mais aussi chaque dirigeant d’organisme de formation doivent être titulaires d’une carte professionnelle.

Cette obligation s’est traduite par une demande de 3 476 cartes de formateur (sur une population estimée entre 3 000 et 6 000 formateurs) ainsi que de 1 200 agréments dirigeant.

Pour ce qui concerne le délai de réponse, le rapport indique un taux de 93 % de décisions favorables, avec des cartes professionnelles délivrées en moins de sept jours.

Le taux de 8,2 % des agréments qui ont tout de même été refusés correspond à 10 580 demandes : un chiffre somme tout encore élevé et qui montre le sérieux des enquêtes de moralité effectuées par le SNEAS (Service national des enquêtes administratives de sécurité).

Des contrôles et des sanctions

En matière de politique de contrôle, le CNAPS avait en 2025 fixé trois axes prioritaires :

– Les organismes de formation ;

– L’évènementiel, avec prise en compte de la sous-traitance ;

– La sécurité dans les centres commerciaux.

Par ailleurs, des campagnes de contrôle sont également réalisées, rassemblant plusieurs services de l’État comme l’URSAFF ou la répression des fraudes. Elles se sont déroulées principalement à Paris, au marché de Noël des Tuileries, à la tour Eiffel, au musée d’Orsay, dans les grands magasins ou au Jardin des plantes.

Sous ce prisme ont ainsi été réalisés 739 contrôles, lesquels ont abouti à une hausse de plus de 30 % des décisions de sanctions du directeur du CNAPS et de plus de 40 % des sanctions prises par la commission de discipline.

Pour rappel, cette dernière intervient si le comportement fautif est susceptible d’entrainer une interdiction temporaire d’exercice ou si la pénalité financière dépasse un certain seuil.

Les contrôles portent sur l’ensemble des articles du code de sécurité intérieure régissant le métier avec, en particulier, un effort de recherche sur les faits de sous-traitance en cascade et de travail dissimulé. En effet, comme le précise le rapport, ces faits « mettent gravement en cause le modèle économique de la sécurité privée et entravent le libre jeu de la concurrence. »

Il n’est ainsi pas anodin qu’un contrôleur du CNAPS soit devenu en 2025 référent sur ces questions de travail illégal et qu’une formation à ce sujet ait été prévue pour l’ensemble des agents de contrôle en 2026.

Du reste, le rapport indique clairement qu’il ne sert à rien de s’abriter derrière la faute de son sous-traitant tant il pèse sur les entreprises de sécurité donneuses d’ordres un devoir général de vigilance. Ainsi, «  commet sciemment le délit de recours aux services d’une personne exerçant un travail dissimulé celui qui ne vérifie pas la régularité de la situation fiscale et sociale de l’entrepreneur ». On peut difficilement faire plus clair.

Le CNAPS précise également que les recours contentieux menés contre leurs décisions ont été confirmés à 93 % par les tribunaux administratifs et pour 79 % des cas lorsqu’il s’agissait d’un appel.

Le CNAPS a donc franchi en 2025 de nouvelles étapes importantes, tant sur son efficacité opérationnelle et les résultats de sa politique disciplinaire que sur la poursuite de sa transformation interne. Et ce travail de fond sur la moralisation des acteurs de la sécurité se poursuit assurément en 2026.

Nous citerons à ce titre une investigation de grande ampleur qui a dévoilé un vaste système de fraude au travail dissimulé ayant entrainé plus d’un million d’euros de pénalités financières et 92 ans (!) d’interdictions temporaires cumulées d’exercer le métier[1].

Des faits qui, de par leur gravité mais aussi et surtout de par leur caractère organisé et leur dimension systémique, nous rappellent l’importance de l’institution et son utilité professionnelle et sociale.